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Fumée sans feu
A l’heure d’été, la cuisson n’est plus qu’une simple histoire de casseroles. Feu, BBQ et sel sont de circonstance. Delphine Huguet, elle, « fumfum » les aliments !
Tout en s’auto consumant, son bois de cuisson chauffe à basse température et embaume poissons et viandes d’un fumet d’érable rouge. Ses tronçons de bois jouent sur le principe du panier vapeur en formant des tunnels de combustion/fumage. Delphine Huguet a découpé une buche de petit diamètre en tranches régulières. Leur centre évidé sert de réceptacle à de petites grilles de cuisson. Une encoche gigogne, assortie d’un numérotage sur chaque panier, permet de reformer la souche initiale. Encastrés comme les cuits vapeur chinois, ces rondins sont posés à même la plaque à induction, sur un tampon permettant la mise en route. En chauffant, le bois se consume lentement et transmet son énergie à la grille qui cuit à très basse température. En s’autoconsumant, il produit une légère fumée qui embaume à chaud, les aliments.
Avenants au projet, des appareils ménagers et un chef ! La designer insère Gaggenau dans l’histoire. Fumfum évoque les origines, du temps où en Forêt Noire les forges Gaggenau produisaient des fours à charbon. Projetée dans cet outil de cuisson nature, la marque retrouve un peu de « l’Etablissement pour nouveautés » qu’il fut au 19è. En cuisine, Bruno Viala s’est attelé à marier saumon et porc fumés. Purée de petit pois et émulsion de romarin côté mer, panais et émulsion de baies de genièvre, côté terre. Le projet de Delphine Huguet n’enfumfum ni la cuisine ni la technique. Il sollicite la curiosité et la gourmandise, interroge sur les potentiels nature de demain, l’alliance de la technicité de l’induction à l’efficacité du tronc d’arbre. Avec les designers culinaires, il n'y a pas de fumfumée sans feu!
